Depuis des temps immémoriaux l’Homme apprivoise la terre et la façonne. Au fil des siècles, de nombreuses techniques de poterie ont été développées par les céramistes : tournage, estampage, coulage, colombinage… Les artisans ont redoublé de créativité pour développer de nouveaux savoir-faire et créer des pièces uniques en mettant la technique au service de leur créativité : à la manière d’une figure de style littéraire, la forme se met au service du fond pour l’exprimer dans toute sa sensibilité.

Aujourd’hui, Manora vous propose d’en apprendre plus sur une technique bien spécifique que nous a enseignée Matthieu lorsque nous avons passé les portes de son atelier chartrain. C’est la technique du repoussé qui a permis à cet artisan de repousser les limites de son art.

Initialement utilisée en orfèvrerie, la technique du repoussé consiste à travailler à froid une pièce de métal pour faire ressortir en relief une image particulière en utilisant des outils en bois ou en métal. Comme son nom l’indique, le repoussé consiste à pousser la matière pour la déplacer : il n’y a donc pas de perte de matière dans ce procédé plus fidèle que jamais à l’adage « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme. ».

Le recours à cette technique en poterie intervient à la fin du processus de création : après avoir quasiment finalisé la pièce sur le tour de potier, Matthieu s’attèle au repoussé. Le pot est alors encore souple afin de pouvoir réaliser des impressions sur la matière à l’aide d’outils divers qu’il va jusqu’à fabriquer lui-même dans un souci de précision et d’esthétisme pour obtenir le rendu escompté.

Se déroulent alors plusieurs étapes. Une première série d’impressions est réalisée sur l’intégralité du contour du pot. Ensuite, dans un mouvement du haut vers le bas, la matière est pressée petit à petit afin de créer des empreintes régulières sur le tour du pot. Cet exercice peut être renouvelé à l’infini en se servant d’outils à chaque fois plus petits pour represser la matière déjà pressée et ainsi créer une mise en abyme de la forme. Matthieu, à la recherche d’un travail fin et subtil, pousse l’exercice à la limite du point de rupture de la matière.

Le résultat ? Un motif régulier qui s’enfonce dans la matière sur l’extérieur de la pièce tandis qu’à l’intérieur, on remarque de petites bosses, traces authentiques mais discrètes de l’application de la technique du repoussé.

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