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Indra Eudaric est le créateur de Constellation, une collection de bijoux unisexes où se rencontrent le métal et des pierres exotiques.

Ce créateur sensible découvre sa passion dès l’adolescence. Alors qu’il étudie en Guadeloupe, il participe à un concours inter-lycées de création d’entreprises et il propose ainsi le projet Maya, qui avait pour objet la création de bijoux artisanaux avec des matériaux naturels. Cette aventure entrepreneuriale est un véritable déclic pour Indra qui gagne le troisième prix du concours mais surtout l’intime conviction que c’est dans l’univers du bijou qu’il s’épanouira. Poursuivant ses études en France, Indra suit ainsi une formation de designer produit puis intègre l’ESADSE (école d’art et de design de Saint-Étienne).

Indra créé ainsi sa première collection de bijou en 2015 sous le nom de Constellation. Il tente d’y retranscrire la vision qu’il se fait de l’univers en s’inspirant du mouvement des planètes et de l’interaction entre les êtres vivants. « Ma collection représente en quelque sorte l’image du système cyclique de la vie et de sa singularité, en confrontant deux matières, pierre et le ruban métallique. », nous explique le créateur.

La pierre incarne ainsi les planètes tandis que le métal représente leurs trajectoires autour de leurs étoiles. Sa représentation de l’univers est en fait une métaphore macroscopique pour traduire la singularité de chaque être humain par son univers et son parcours de vie dans la société.

Tant sur le plan technique que créatif, Indra file sa métaphore pour faire passer son message. La collection Constellation est ainsi divisée en trois gammes : Unity (une pierre), Duality (deux pierres), Trinity (trois pierres) représentant chacune une avancée dans le cycle de la vie. Quant au métal, il est travaillé en respectant la contrainte de la ligne continue, c’est à dire un utilisant une seule et même ligne de métal sans soudure pour chaque pièce. Ceci représente la continuité du mouvement, la continuité de la vie.

Les pierres fascinent Indra. Brutes ou travaillées, elles ont chacune une histoire et des propriétés propres que le créateur partage avec nous à travers une communication non verbale. Pour ce, il propose des bijoux où la pierre est à même la peau créant ainsi une proximité entre la création et vous qui découvrez l’histoire de cette pierre soumise à de fortes pressions et des températures intenses.

Indra n’utilise que des pierres et des perles naturelles comme l’agate, la malachite, la tourmaline, la labradorite ou encore la pyrite qui pousse naturellement en cube et ressemble à s’y méprendre à du métal. Les pierres viennent du Brésil, d’Inde ou encore de Madagascar et le créateur prend soin de travailler avec des fournisseurs qui extraient les pierres sans utiliser de dynamite ce qui permet de conserver les propriétés des pierres et de préserver l’histoire qu’elles portent. Le métal quant à lui est du laiton qui peut être plaqué argent, or ou or rose selon les jeux de formes que souhaite créer Indra.

Les créations d’Indra incarnent ainsi la vision de leur auteur, celle d’une vie singulièrement propre à chaque individu comme une pierre unique portant son histoire dans une création sublimée par le métal.

Chaque bijoutier rencontré est une nouvelle façon de penser cet art. Manora en a eu une nouvelle fois la preuve en rencontrant Salomé Charly, une marque de bijoux contemporains en bois de merisier.

Salomé, la créatrice de la marque, est une passionnée de mode et d’accessoires. Elle commence d’ailleurs par faire des études en design de mode avant de se diriger naturellement vers la création de bijoux en bois, un matériau qu’elle découvre dès son plus jeune âge étant fille d’ébéniste.

travail du bois de merisier bijou contemporain

Salomé Charly naît ainsi il y a 4 ans et demi du fruit de la rencontre entre une histoire de famille et une passion pour le beau. Les pièces en bois qu’elle compose sont à la frontière entre le bijou et l’art tant par leur esthétisme que par la rigueur technique nécessaire à la confection de telles créations.

Le processus de fabrication est en effet long, minutieux, rigoureux voire laborieux car chaque étape compte et une pièce en cours de réalisation peut à tout moment devenir inutilisable… Après avoir dessiné la forme souhaitée sur le bois, un processus très rythmé s’en suit : sciage, ponçage, égrainage de la surface, teinte et vernis. Une fois ces étapes réalisées, il faut encore faire entrer ces pièces dans l’univers du bijou en travaillant le laiton avant d’assembler les deux éléments.

Salome Charly, Photographe : William Bibet

Les pièces en bois sont réalisées dans l’atelier d’ébénisterie de Salomé à 400km de Paris. La créatrice fait donc régulièrement des aller-retours entre son atelier parisien et son atelier des Pays-de-Loire pour réaliser ses pièces. À chaque bijou, plusieurs heures doivent êtres consacrés. Elle précise même : « Une fois où je travaillais sur une parure composée d’un collier et de deux paires de boucles d’oreilles, j’ai mis plus de 40 heures… Et j’ai trouvé que j’étais allée vite ! »

Salomé a choisi le bois de merisier pour s’exprimer, un bois au joli veinage qui apporte des nuances subtiles. Contrairement à ce qu’on pense, c’est un bois léger et confortable qui se prête donc parfaitement à la bijouterie.

Cette créatrice fait partie des créatrices de bijoux « contemporains », des pièces fortes avec une réelle recherche que Salomé puise dans des inspirations variées : sa passion pour le bijou ethnique de l’Afrique à l’Asie d’abord mais aussi son environnement direct et son appréciation de l’esthétique de la femme guident sa créativité. Mais surtout, nous explique-t-elle quand il s’agit de bijoux contemporains, « c’est l’humeur qui compte. Lorsque j’ai une humeur je la fais, parfois j’ai envie de bling-bling parfois je vais plutôt m’orienter vers quelque chose de plus strict. »

À la richesse de son travail autour du bois, Salomé ajoute une à deux fois par an une collection entièrement en métal dans laquelle elle peut s’amuser à casser les codes de sa marque. La dernière collection en date est inspirée du travail de Jean Cocteau, les pièces sont bien plus figuratives que dans les collections de bijoux en bois.

Nous quittons la créatrice sur une jolie phrase qui résume sa vision de son travail, son rapport à l’autre et sa conception du bijou contemporain : « Le bijou contemporain, c’est aussi un bijou que l’on porte selon ses humeurs. On achète le travail d’un artisan selon ses goûts et on le porte selon ses humeurs. »

Salomé Charly

La rencontre de Manora avec Miralys, une marque de bijoux minimalistes en argent massif tient dans une citation d’Antoine de Saint-Exupéry : « La perfection est atteinte, non pas lorsqu’il n’y a plus rien à ajouter, mais lorsqu’il n’y a plus rien à retirer ».

Agnès Fauc bijoux contemporains et minimalistes en argent

Agnès, la créatrice de la marque Miralys, est quelque part entre la bijoutière et la designer. Pour décrire ses pièces, elle ne parle pas tout de suite de bijoux mais d’abord de lignes. Des lignes qui parcourent le corps et qui viennent jouer avec la morphologie des femmes de façon à s’en détacher graphiquement pour les habiller avec splendeur. Une ambition que l’on retrouve dans le nom même de la marque. Miralys est en effet la contraction du nom de deux fleurs « Mirabilis », qui signifie belle de nuit, et « Volubilis », qui signifie belle de jour. Les pièces d’Agnès s’inscrivent ainsi avec poésie dans cette recherche d’une beauté intemporelle.

Je me retrouve beaucoup dans la peinture de Mondrian. Il a commencé en réalisant des œuvres figuratives qu’il a dépouillées au fur et à mesure pour arriver à un style linéaire.

D’abord formée en arts appliqués, Agnès découvre le dessin et la création mais surtout un attrait particulier pour le travail des volumes. Elle décide de l’appliquer à l’univers du bijou, guidée par un souvenir d’enfance qu’elle garde d’une visite dans un atelier de bijouterie. L’atmosphère singulière créée par la rencontre entre les matériaux et les processus de fabrication a retenu son attention. « Lorsqu’on entre dans un atelier de bijoutier, on a l’impression de revenir un siècle en arrière, les procédés sont les mêmes, les outils sont les mêmes, c’est une constance qui m’a tout de suite interpellée. » Forte d’un CAP en bijouterie et d’une formation à l’AFEDAP, école de bijouterie contemporaine, elle commence à développer son univers et à penser la faisabilité de ses pièces.

Boucles d'oreilles formes circulaires argent 2

Une période longue pour cette créatrice minutieuse qui ne laisse rien au hasard et cherche à créer du sens à travers ses créations. Définition de son univers, introspection, expression d’idées et matérialisation… C’est après 4 années de maturation que Miralys voit le jour. La créatrice développe alors 6 collections qui tendent à évoluer vers un bijou de plus en plus contemporain, avec un style de designer qui s’affirme. Sa première collection, « Arborescence » est plus en courbes. La seconde « M. Le Chat » s’inspire de personnages parisiens dans une démarche plus humoristique. Les pièces aujourd’hui sont bien plus marquées par l’essence même du design, cette volonté d’épurer le graphisme au fur et à mesure pour que l’idée soit exprimée de la façon la plus simple possible. La démarche d’Agnès c’est finalement non pas d’en rajouter mais d’en enlever le maximum pour arriver à l’essentiel, faisant écho à la citation de Saint-Exupéry qui introduisait ce portait. Des pièces emblématiques de Miralys incarnent aujourd’hui son style à l’instar des boucles d’oreilles Effervescence travaillées dans le volume ou de la bague Miralys de la collection Écume, clin d’œil au logo de la marque avec ses trois anneaux qui se chevauchent.

L’évolution des collections d’Agnès est également très marquée par des personnalités notoires de l’art ou de la bijouterie que la créatrice érige au rang de modèles inspirants. « Je me retrouve beaucoup dans la peinture de Mondrian. Il a commencé en réalisant des œuvres figuratives qu’il a dépouillées au fur et à mesure pour arriver à un style linéaire. Dans mes premières collections, il y avait aussi des pièces figuratives, un aspect plus organique et végétal, que j’ai moi-même gommé au fil du temps pour arriver à des pièces épurées. » Dans l’univers du bijou, Vivianna Torun, la première femme mondialement reconnue pour ses créations, a toute l’admiration de la créatrice de Miralys : « Pour moi, c’est la Coco Chanel du bijou. Elle travaille dans la rondeur, c’est une femme impressionnante, la figure du XXe siècle à retenir. ». De son attrait pour le travail de Vivianna Torun mais aussi pour celui de Jean et Thierry Vendôme, naît aussi chez Agnès l’envie de commencer à intégrer des pierres dans son travail pour amener de la brillance, du reflet et des couleurs. Elle prévoit donc une formation en sertissage à cet effet. « Mais il faut encore que je trouve une mise en scène intelligente, qui soit cohérente avec mes propres designs. », complète Agnès, montrant une nouvelle fois la rigueur intellectuelle de sa démarche créative.

bague miralys en argent brossé et gravé, bijou contemporain

Pour l’heure point de perles donc dans les bijoux de Miralys mais de l’argent massif uniquement, une matière dont elle affectionne avant tout la pérennité. « Lorsqu’on achète un bijou en argent massif, on s’offre une pièce que l’on peut garder toute la vie. C’est la longévité de ce matériau qui m’attire. » À ses débuts, Agnès travaillait l’argent selon le procédé de la fonte à la cire perdue qui lui permettait de travailler le modelage des pièces. L’évolution de ses créations vers des modèles plus linéaires l’a conduite à travailler directement au contact de l’argent. Elle part donc d’un fil d’argent épais (1,5 mm d’épaisseur) puis suit de nombreuses étapes avant d’arriver à la pièce finale : découpage, mise en forme, ajustements, soudage, martelage, limage, nettoyage au papier de verre, polissage, brossage et enfin gravure, il ne faut pas moins d’étapes à la créatrice pour donner vie à son idée ! Un procédé qu’Agnès résume avec bien plus de poésie : « Je mets en forme le vide, je le capture. »

bague en argent brossé et gravé fait-mainToutes ses pièces, la créatrice de Miralys les réalise dans un atelier qu’elle qualifie de « nomade » : « Quand on commence à 22 ans, il y a de nombreux aléas dans une vie qui nous amènent à nous déplacer et j’avais donc besoin de toujours avoir mon atelier avec moi. » Un atelier qui ne prend d’abord pas plus de place que le coin d’un salon ou d’une chambre dans les nombreux appartements habités par Agnès dont un qu’elle partage avec une bijoutière, qui n’est autre que Jordane Somville, la créatrice de bijoux contemporains en porcelaine qui a rejoint l’aventure Manora à ses débuts ! Elle partage ensuite un atelier avec 5 bijoutières dans le 11e arrondissement de Paris avant d’exercer un revirement à 360° en s’installant en Haute Savoie il y a 6 mois ! « C’est une vie vraiment différente. Je suis passée d’une vie urbaine à une vie de montagne dans un petit village à 1000 mètres d’altitude. J’avais envie de revenir un peu plus à l’essentiel, d’avoir un cadre plus paisible. Le matin, quand je me réveille, je m’installe dans mon jardin, j’entends les oiseaux, j’ai mon potager… C’est complètement autre chose ! » Une différence qu’Agnès commence à ressentir et souhaite intégrer à ses créations. « Je sens qu’un projet est entrain de mûrir en moi. J’y associe aussi mon envie d’ajouter des pierres dans mes créations, elles représentent cette envie de couleurs qui font désormais partie de mon quotidien visuel. »

Cette créatrice passionnée ne finit ainsi pas de nous surprendre avec des pièces au design réfléchi et épuré mais surtout à l’esthétisme émouvant.

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