Première marque de décoration textile à rejoindre l’aventure Manora, Georgette a été créée par Marine, une adepte du slow made sensible et généreuse.

Ancienne responsable d’exploitation dans un cinéma parisien, Marine s’est reconvertie il y a 4 ans pour se dédier à temps plein à sa passion : le travail du textile à la main. Alors qu’elle suit un cours du soir de la mairie de Paris en arts plastiques et chromatologie,

Marine a un véritable déclic artistique : elle souhaite travailler de ses mains, créer, voir et toucher des pièces qu’elle aura réalisées elle-même. L’envie d’entreprendre, de donner du sens à son travail et à ses journées achèvent de convaincre la créatrice en devenir qui prend alors le risque de se lancer à son compte et quitte son job à Paris pour s’installer en Bretagne. « J’ai été animée par l’idée de voir de mes propres yeux, de toucher de mes mains quelque chose que j’aurai créé. Cet appel aux sens, le visuel, le palpable, c’est quelque chose que je trouve absolument génial dans l’artisanat. Alors j’ai décidé de prendre le risque et de m’écouter pour faire ce dont j’avais réellement envie.», nous confie-t-elle.

Coussins tissés main décoration

Petite-fille d’une grand-mère couturière, son enfance est bercée par les longues heures qu’elle passe en sa compagnie dans son atelier à l’observer donner forme à la matière. C’est cet héritage qui l’oriente vers la création textile et, comme dans une réminiscence de ce passé partagé avec sa grand-mère, elle lui demande de lui transmettre son savoir-faire de couturière. « Il y a 4 ans, je ne savais pas faire marcher une machine à coudre ! », se rappelle-t-elle, rieuse. C’est le point de départ de Georgette, une marque de textile décoratif ethnique et graphique, qui porte le nom de celle qui lui a enseigné le métier. Aujourd’hui encore, Marine travaille avec les machines à coudre de sa grand-mère, « des machines qui ont 45 ans et qui fonctionnent du tonnerre ! C’est un héritage très précieux. » précise-t-elle. 

« Je m’inspire beaucoup de l’artisanat d’ailleurs. L’artisanat africain, native américain, sud américain, indien. Mais ces inspirations ne sont souvent pas uniques et se mêlent à la conscience de l’environnement qui m’entoure, de l’océan et du ciel jusqu’au tag que je vais voir en marchant dans la rue. »

Avec l’envie de diversifier ses créations et de pouvoir varier les savoir-faire, Marine se forme en autodidacte à d’autres techniques de tissage ou d’impression au tampon et apprend également l’art de la teinture auprès d’une artisane savoyarde. À 29 ans, elle maîtrise ainsi de nombreux savoir-faire qui lui permettent de réaliser des pièces raffinées entièrement à la main avec pour point de départ la matière dans son état le plus brut. Ainsi, elle travaille la teinture végétale à partir de pigments qui lui servent à préparer ses bains de peinture (cette préparation technique peut prendre de 1 à 3 jours !) et travaille la fibre textile d’un coton bio pour qu’elle soit apte à recevoir les pigments. Elle maîtrise également le tissage et part là encore de simples bobines de fils de cotons recyclé ou de ficelles de jute. Marine monte alors elle-même la trame de tissage et donne forme à la pièce (1 à 2 jours pour un tapis) avant de réaliser tout le travail de finitions qui s’avère tout aussi long entre le rabat du tissu et la réalisation des franges. Cette créatrice polyvalente propose également des pièces brodées à la main à partir d’un dessin calqué sur une toile mais aussi des créations imprimées au tampon pour lesquelles elle prépare elle-même le tampon. Partant d’un dessin qu’elle reproduit sur plaque de gomme, elle le grave ensuite à la main pour pouvoir l’imprimer sur le tissu avec une encre bio. Sacré palmarès pour cette néo-artisan qui aime avoir la liberté de s’exprimer selon plusieurs modes en fonction de ses envies, de ses différentes phases. « Ce n’est pas toujours évident de fournir autant de travail lorsqu’on est seule et que l’on doit aussi gérer sa communication, la vente, la logistique… Mais ces difficultés du quotidien sont souvent effacées par la passion, je pense que c’est cela que l’on retient à la fin quand on est artisan. » ajoute-t-elle.

tapis tissé main made in france

Une forme d’errance spirituelle que l’on retrouve dans les inspirations de Marine qui sont très sujettes à l’instant présent. « Je m’inspire beaucoup de l’artisanat d’ailleurs. L’artisanat africain, native américain, sud américain, indien. Mais ces inspirations ne sont souvent pas uniques et se mêlent à la conscience de l’environnement qui m’entoure, de l’océan et du ciel jusqu’au tag que je vais voir en marchant dans la rue. » Il y a une forme de déstructuration libre dans le travail de Marine qui commence avec l’idée et qui se poursuit dans sa concrétisation. « Pour les tapis Loka par exemple, j’ai réfléchi et dessiné des croquis pendant un mois et finalement au moment de la réalisation, la matière et l’inspiration m’ont emmenées ailleurs. » Une anecdote qui se répète souvent dans le travail de la créatrice qui s’accorde du temps tant dans la réflexion que dans la réalisation, ce qui donne naissance à des pièces paradoxales, rencontre entre une maturation dans le temps et l’instinct du présent.

Les créations de Marine ont néanmoins toutes un point de départ commun : la matière brute et naturelle, c’est-à-dire une matière pure, sans composants chimiques ni synthétiques. L’origine de la matière est un sujet qui tient à cœur à la créatrice qui s’est entourée de fournisseurs bio et éthiques et est entièrement transparente sur l’origine de ses matières premières. Elle travaille ainsi principalement avec une coopérative française de tissus bios située dans la Creuse dont elle valorise la qualité remarquable. « C’est très difficile de trouver des fournisseurs éthiques et durables. Il m’a fallu presque 6 mois pour trouver ce que je cherchais. J’essaie également de me fournir principalement auprès de fournisseurs qui ont des tissus made in France mais dans l’industrie du textile, coupler made in France, bio et éthique, ce n’est pas toujours évident. », précise-telle à regret. Marine utilise ainsi essentiellement de la laine, de la toile de jute, du coton ou encore du lin qu’elle aime aller chiner.

« La vocation, c’est avoir pour métier sa passion. » Stendhal. C’est sur ces mots de l’écrivain romantique que nous achevons notre rencontre avec Marine dont nous retenons le courage de la reconversion professionnelle et la conviction de la passion. Des valeurs que l’équipe de Manora partage et est fière de représenter.

Portrait de Marine, créatrice de Georgette

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